#TAG – Blogger Recognition Award

Je profite de mes derniers jours de vacances et d’une pause dans mes épisodes de Versailles pour enfin écrire ce TAG qui me semble tout de même très intéressant (et j’ai mis un temps de fou à le faire, si peu de temps et tant de choses à faire dont procrastiner, je suis douée pour ce genre d’activité). Le principe est simple, et je bénie celui qui a eu cette idée, car, en plus d’énoncer l’histoire de son blog, la deuxième partie consiste à donner des conseils aux petits nouveaux qui veulent tenter l’aventure bloguesque littéraire. Un petit encouragement pour les timides ne fait jamais de mal et je suis friande de ce TAG, je lis tous les articles le concernant car ce ne sont jamais les mêmes (beaucoup de jamais dans une seule phrase aussi…). C’est parti, en essayant de blablater un maximum pour un petit instant d’intimité entre nous, prenons le thé ensemble ! Mais avant, je tiens à remercier ma petite Maned Wolf à qui je dois cette nomination et healings words.

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☼ Il était une fois ☼

Une fille qui adorait lire, lire c’est son passé, son présent, son futur, les pages se rangent en piles hautes comme une tour de Pise, ses sacs bourrés à craquer en attendant de réaliser son rêve d’une bibliothèque ornant tous les murs de sa futur maisonnée. J’ai plusieurs fois essayé de tenir un blog de littérature, l’aventure a débuté quand j’avais 14 ans à en croire mes souvenirs, mais, hélas, j’étais en plein tourment de ce qu’on nomme ce manque de confiance en soi. Alors j’ai arrêté et j’ai repris pour ensuite arrêté et enfin reprendre. Et cette fois-ci tenir le bout de la corde à m’en saigner les mains. Mais quel plaisir, c’est exquis, c’est délicieux ! C’est gratifiant aussi pour soi même et pour les autres, car ce qu’il me manquait c’est d’avoir un espace où exprimer cette énergie, cet amour que j’éprouve continuellement pour les livres, ces totems peluches. Psychologiquement je ne sors jamais sans un livre près de moi car ils représentent aussi une certaine protection, et, par ce blog, je voulais leur rendre hommage. Alors me voici, entrant timidement dans cette blogosphère qui a grandit, et qui j’espère saura m’accueillir, mais je n’en doute pas car j’ai déjà fais quelques rencontres vraiment merveilleuses !

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☼ Quelques conseils ☼

Ton blog c’est le tien, c’est ton lieu, ton espace, tu en fais ce que tu veux tout en restant poli et courtois quand même. Un blog, quand tu décides de le créer c’est réjouissant, car tu pourras t’exprimer comme tu le souhaites. Un blog c’est une manière de créer ta petite antre que tu partageras avec d’autre passionné, et il t’ouvrira la porte à d’autre choses (en ce moment j’ai une grande lubie de faire mes propres images et mes graphismes, ça me sert à m’approprier encore plus les livres que je lis et les articles que j’écris). Un blog ça permet aussi les rencontres mais il te faudra être patient, comme dit l’adage c’est en allant vers les autres que tu avanceras (je crois qu’il n’existe pas de citation comme ça mais on fera comme si) , et aller vers les autres c’est s’impliquer en postant des commentaires (sinon comment te connaîtront-ils, après il y a les réseaux sociaux mais c’est une autre paire de manche) , s’intéresser à ce que font les autres. Puis être rigoureux, prévoir des articles, un nombre dans le mois que tu te devras de tenir. Au début ce n’est pas facile mais tu verras que tenir un blog ça t’aideras dans plein plein plein de choses (mon cerveau est mieux rangé depuis, c’est salvateur). Tu es libre et… le meilleur conseil que je peux t’offrir avec mon humble expérience de vague qui part qui revient, c’est justement d’aimer ton blog et d’avoir confiance en toi, il faut que tu sentes légitime de rédiger des articles car tout le monde à des choses à dire, surtout s’il s’agit de ta passion. Patience et passion seront tes atouts les plus précieux dans cette aventure, il y aura toujours une personne qui aimera ce que tu présentes. Si tu aimes les classiques vas-y éclate-toi, si tu aimes les contemporains, les livres jeunesses lance-toi ! Il y en a pour tous les goûts et on souhaite de la diversité, la blogosphère livresque possède ce sens de la bienveillance car tous, on aime découvrir et partager. Tu as ta place parmi nous.

Ce TAG est terminé… Non car il faut que je désigne mes petites victimes, je suis bien aise de désigner ces innocentes personnes dont j’ai vraiment envie de découvrir les réponses. Je vais paraître une obsédée totale pour son blog mais j’assume totalement car mademoiselle m’a envoûté avec ses goûts littéraires : Histoires Vermoulues c’est pour toi. Et j’aimerai beaucoup lire les réponses de la petite marchande de prose que je suis avec un intérêt accru, enfin un fil à la page qui me régale de sa vision des livres qu’elle lit !

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Le méli-mélo #1

J’aurai aimé écrire cet article ce dimanche passé mais, hier fut un jour sans, où, allongée confortablement dans mon lit je n’ai pu être productive. Ce nouveau rendez-vous me tient à coeur car il s’agit d’un espace où l’on ne parlera pas de livres cette fois-ci mais de films, de série, des réseaux sociaux, d’art, d’illustration, de lieux, tout ce qui ne concerne pas les livres. Les jolies choses sont aussi présentées chez Histoires Vermoulues (que j’aime ce blog, allez y faire un tour), j’ai décidé de le nommer pour ma part Méli-Mélo, mais bric-à-brac correspondait également très bien.

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☼ LES FILMS ☼

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Je rêvais de vous le présenter, hantée par cette idée de vous le partager ; Brimstone est un coup de foudre, un coup de poing dans l’estomac chavirant aux images beautés. Brimstone c’est un thriller sauvage dans les terres du XVIIIème siècle où les colons s’installèrent dans le nouveau monde, c’est l’histoire d’une merveille, fillette grandissant dans l’adversité et le malheur, c’est surtout l’histoire d’une petite fille devenue femme, supportant les dérives d’un pasteur démoniaque. C’est la surprise boursouflée quand on regarde, épouvanté ce qu’elle subit. Les images parlent et, ici, le réalisateur nous délivre une leçon d’esthétique effroyable. Un long métrage explicite aussi l’horreur de l’humanité, de certains monstres tapis dans un corps humain alors qu’ils détruisent ce qu’ils ont de plus cher. Je suis de ces personnes fascinée d’effroi quand on lui présente des personnages fictifs à la hauteur du diable, car j’ai toujours considéré que le diable était présent oui, présent par les actes, les actions qu’engendraient un comportement face aux innocents.

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Il fallait que je place un mot sur Fantastic Beast, le nouvel opus d’Harry Potter. J’ai ris, j’ai été enthousiasmée par les petites créatures (le niffleur aura une place privilégiée dans mon coeur ainsi que Franck ce chair aigle séraphin) mais il n’a pas su au delà de l’attendrissement porté me transporter comme les sept tomes de notre saga préféré. Un arrière gout de réchauffé, une expiration parfois exaspéré, ce qui sauve le film n’est pas son intrigue dont je n’ai pas été intéressée et là est le malaise (Harry Potter c’est un chef d’oeuvre de par son intrigue et les choses qu’il dénonce) pourtant on n’y voit qu’un faire valoir, les créatures prennent une place capitale alors que la guerre que mène Grindelwald me semble bien plus capitale. J’ai aimé cependant me replonger avec délice dans l’univers époustouflant de Rowling.

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☼ TUMBLR & INSTAGRAM ☼

On ne sait pas trop ce que vient faire cette partie dans cet espace mais instagram devient un outil qui m’amuse beaucoup, n’étant pas droguée aux réseaux sociaux en général (twitter et facebook c’est comme si je ne connaissais pas en réalité) j’ai décidé de vous faire partager quelques comptes qui me ravissent les prunelles. Un travail photographique n’est jamais évident et j’admire ces personnes qui savent maîtriser les flots de lumières pour apaiser ou renforcer, pour prendre le cliché le plus beau et le publier. En réalité j’aime cette application car elle permet de démocratiser la photographie qui peut être source artistique. Et j’aime plus encore quand il s’agit des livres mis à l’honneur !

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Par exemple je suis en admiration face au compte de marypeonis, le cadrage, la composition, on dirait des peintures de nature morte mais vivantes, car un livre est toujours vivant. C’est une merveille, et chaque photos me rend jalouse car j’aimerai réaliser la même chose. Je ne me lasse pas de les regarder, de les analyser, de m’engouffrer dans son univers qu’elle offre avec générosité. Je ne suis pas très objective bien que pour la composition et la recherche esthétique, soignée et délicate me permette de dire que c’est d’un très haut niveau.

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Et puis… souhaitant faire un article spécial sur tumblr je me suis dis que ce site pourrait tout aussi bien prendre place ici, c’est fait exprès d’ailleurs. Tumblr, cette toile d’araignée, puissante et magnanime qui ne te lâche pas de ses serres acérées. Une fois entrer dans la caverne impossible d’en sortir et, moi, j’ai des périodes où je me laisse enfermée plaisamment dans l’univers des autres. Les photos, les images, les citations, les graphismes aussi… Et d’ailleurs parlons en de graphisme, car j’ai décidé de rouvrir mon photoshop abandonné, délaissé depuis quelques temps pour envisager de créer mes propres images. Un autre moyen de m’accaparer les livres que je lis, d’en faire mien. Pour cela, je m’enivre de plusieurs talents dont je déroule une liste ici, qui n’est, évidemment, pas du tout exhaustive. Bitter, Bitter, Better et ses couvertures d’un ouvrage que j’admire ; Chainsaw-Assassin ; Oh Nepenthe.

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Morwenna

Le désir de lire ce roman conseillé par Pretty Rosemary m’immergea dans une grande expectative ; ce roman des romans, faisant l’éloge de la fantasy et de la science-fiction par une adolescente chétive me donnait souhait de m’immerger délicieusement entre les pages que j’imaginais empruntes d’un amour intense pour ces objets que je caresse chaque jour. Malheureusement, l’imaginaire ne s’est pas confronté au réel qu’il offrait, de premières pages prometteuses je suis tombée dans le précipice ravageur de la lassitude, du désappointement, pas même d’un brin de colère là normalement pour m’envahir de ma hargne. Ici, je n’ai rien ressenti, quelques morceaux tout au plus, de sursaut d’intérêt pâle, fantomatiques, dilués dans les remarques de cette gosse au caractère page blanche, impersonnel. Morwenna ne porte que son prénom d’une beauté immatérielle, mais le récit porte la monotonie d’un soir d’hiver où la cheminée ne flamberait qu’un microcosme de passion mouillé, gâché.

COUV_morwenna.inddPourtant, ce livre s’esquissa sur une expérience nouvelle pour moi, je n’ai pas aimé le personnage principal, fait qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais. J’ai été confrontée à cette adolescente en tourment, en reconstruction, rebelle et intelligente peut-être, mais gueularde, jugeant ses proches, insupportable, narcissique. En bref, une personne à qui je donnerais allégrement une baffe si je la croisais dans une rue. Une Alice des pays des merveilles au regard colérique, aux croyances fantasmagoriques, aux principes naïfs ; mélange de rien et de tout basé sur un produit qu’il faudrait terminer. On peut adorer détester un personnage de papier, cela signifierait que le but était recherché, que l’être fictif était construit, détenait une personnalité propre à laquelle non seulement le lecteur peut s’identifier mais aussi le rejeter comme s’il était vivant, qu’il vibrait dans notre intérieur personnel. Morwenna possède cette allure de néant, une Bella Swan incapable de nous transmettre sa passion pour la lecture. Jamais elle ne fait mention dans son journal d’explication concernant sa survie grâce aux livres, son refuge, on le sent, se fabrique à partir de ces phrases qu’elle ingurgite chaque jour, en proie aux brimades de ses camarades, d’un trouble passé, d’une mère et de tantes terribles, d’un père qu’elle n’avait jamais vu avant l’accident. Pas un mot sur ce qui la fait vivre, alors, nous, lecteurs, chutons sur un macadam récalcitrant à partager ses secrets. L’autrice tenait le bon bout pourtant, un livre parlant de livre, l’histoire aurait pu être passionnante. Les lecteurs se cogneront néanmoins à une intrigue pataugeant dans l’ennui profond, la lassitude extrême, une traduction bégayante ne rendant pas hommage à ce qu’aurait dû être une large bibliothèque magique.

Je ne sais pourquoi je l’ai lu jusqu’au bout, sûrement car l’espoir brillait d’une fin à la hauteur de ces passages forcés, de cette artificialité à chaque phrase du carnet. L’enfant raconte ses peines… elle raconte plutôt ses critiques vis-à-vis de ce monde, de son internat qui, sourire à mes lippes, me rappelait vaguement ce pensionnat dans La petite princesse. Peut-être alors que les influences, les références, naturellement se distillent au sein de l’univers de Joe Walton qui chatoient après la couverture refermée. C’est l’un des rares points positifs car des manquements, des fragments pullulent. Le livre est, par ailleurs, vendu dans la section fantastique, car, après les livres viennent les fées, qui elles aussi, ne sont pas du tout exploitées, tout juste si elles ont le temps d’être expliquées. Elles sont là, choses hideuses ou esthétiques, petites créatures adorables, mystérieuses juchées au bord des branches, sauvages, invisibles à ceux qui ne croient pas, l’allusion à Peter Pan est féroce sur ce point-là. La magie ensuite se faufile doucement entre les lignes, Morwenna l’utilise pour ses besoins personnels, pour sa protection contre cette mère vengeresse, reine noire clichée suprême. Mais le flou subsiste, le vécu ombrageux de la gosse persiste, l’écrivaine ne nous narre rien qu’une vie quotidienne jonchée de romans SF et de fantasy, de cours et d’examens, quelques fois des départs en vacances. Les thèmes abordés sont expédiés bon gré mal gré d’un coup de pied. Alors que ce roman pourrait être passionnant, les liens entre la mère que l’on ne voit jamais et sa fille, les liens père fille, le lynchage à l’école, la passion des livres qui ouvre la voie à une possibilité extrême se soufflent dans un mouchoir. Bâclé voilà le mot que je cherchais.

Morwenna est une histoire morne qui ne m’a pas accaparée, j’en laisse tout de même une trace avec cette chronique, et, bien qu’il soit fade, dénué de passion (quand on parle de livres on se doit de transmettre le maximum possible) j’aurai voulu l’aimer comme d’autre l’ont aimé. Toutefois cette désagréable impression, ténue, vicieuse, serpent aux fourrés de ma colère, me fait avouer, à demi coupable, que l’auteur aurait pu faire mieux, beaucoup mieux, elle tenait les idées riches en sens, ces idées émotions précieuses à la préservation d’un roman, les livres, la magie, les fées, cette jeune fille perdue, désabusée, méfiante envers cet environnement nouveau dont elle n’arrive pas à s’adapter promettait quelques tensions, quelques larmes, quelques rires jetés à la trappe par le désir de l’artiste.

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L’alliance des trois

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Par la talentueuse Lemon June et ses vidéos exceptionnelles j’ai encore une fois été happée, curieuse de nature, il fallut bien que je m’accapare le premier tome d’Autre Monde, saga young adult écrit par Maxime Chattam. Le drame se balance au bout de sa corde de nœud serrés, je n’ai pas aimé malheureusement, douloureusement même quand une booktubeuse en parle si bien c’est l’envie de ressentir la même passion pour ce roman. Le charme s’éteint par un style sans plume, par des défauts et incohérences, des facilités scénaristiques qui n’ont pas eu l’éloge de m’embarquer, de m’enlever naturellement pour que, spectatrice actrice je survole cet univers façonné de mille pièce brillantes par l’écrivain. Une saveur amère, pérenne sur mes papilles concernant ce pilot de saga d’aventure, d’imaginaire me laisse un sentiment rébarbatif, de lassitude.

816BIlaB45LOn le sait, je suis de celle impérieuse, sélective, dure, tranchante, dévote, élitiste, examinant les plumes que créent la littérature, c’est l’enchanteur don des centaines d’écrivains s’étalant sur les tables d’honneur des librairies que j’admire, qui me transportent. Lire des classiques pour aiguiser ce goût des récits fabuleux possède cette face obscure quand il s’agit des romans de jeunesse. Que j’ai mal ! Que je souffre ! Lorsque je découvre avec horreur un style à l’américaine, recette de cuisine qui vend, qui profite aux éditeurs pour faire de l’argent. Une histoire ne doit pas raconter qu’une histoire. Ainsi, dans l’autre monde de Chattam, les répétitions, les verbes êtres, sans poésie quand l’univers le demanderait offre une aura pâle de ce qu’aurait pu ressembler le bouquin. C’est dynamique certes, mouvant tels les sables aux grains d’or sur une plage de mer turquoise, on se prend au jeu pour un temps, le temps de remarquer avec effarement une plume qui gâche, qui déchire, qui barbouille de noir un monde imaginaire, dystopique intéressant. L’équilibre se floute dans un précipice. Plus que les descriptions d’action qui survolent rapidement la faune redevenue sauvage, un paysage à l’état brut, l’auteur ne nous laisse guère une pause pour s’approprier cette sphère mystérieuse, créatrice. Moi qui apprécie de détenir un moment pour mon intérieur psyché, illusion de ne pas consommer ces objets que je chérie, j’ai été gâtée par le désir narcissique de l’écrivain (je ne mens pas, dans une des interviews il disait explicitement qu’il écrivait pour lui et non pour son lectorat).

Quand on se lance à cœur ouvert, le myocarde exposé sur sa feuille blanche, on se lance dans un marathon, les idées surgissent, gravées sur un carnet secret avant de poser les mots alignés pour créer. Le message ici se revêt d’importance, en plein champ de notre société puisque la télévision rugit ses menaces, ses imprécations sur l’environnement, l’écologie. J’ai souvent imaginé un monde sans homme où la nature déesse reprendrait ses droits sur cette maltraitance qu’on lui impose tous les jours (je verse une larme pour la forêt Amazonienne, pour les dauphins péchés, massacrés par les japonais). Maxime, lui, l’a écrit, nous exhibe un univers en pleine mutation où les enfants seraient les héritiers d’une seconde chance. C’est utopiste, l’idée de base était bien trouvée, le développement est mal formé. Il exploite son monde comme un marchand, un PDG d’une grande entreprise, sans fioritures mais sans but, sans parti pris, il écrit simplement pour raconter une histoire, sans y mettre une forme poétique qui aurait méritée d’exister. Moi, lectrice grognonne j’aurai souhaité qu’il ouvre la voie des possibles avec des descriptions fabuleuses de cette flore qui pousse, qui grimpe, qui resplendit sous le soleil renaissant. Les maladresses sont nombreuses, il marche sur la pente de la jeunesse perdue, ivre de récits sans leçon. Les clichés sont présents aussi. Les adolescents, les héros ne se démarquent pas d’autre héros d’autres séries young adult ; ils se mélangent à la mélasse nauséabonde que l’on propose aux enfants. Matt apprend à tuer pour se défendre mais cela devient lassant, moins plaisant quand l’auteur n’arrête pas de nous rabâcher sa culpabilité d’une unique manière, des mêmes mots qui traînent sur les pages, désabusés. Le véritable problème de ce récit, c’est son immaturité pour le publique adulte, cette étrange sensation de fausseté, de lourdeur. Le naturel bannit de cette société.

Les personnages font vivre l’aventure, c’est Stephen King qui l’a dit ! Cependant dans l’alliance des trois il y a ce sentiment persistant, narquois, mesquin qui s’enroule autour du cou jusqu’à étouffer tendrement cette valeur que le bouquin pourrait avoir. Les scènes sont déjà vues, le combat contre le bien et le mal également. Je rêvais de multitudes de clins d’œil à Peter Pan, seul le nom est repris pour désigner ces enfants en quête d’une nouvelle existence. Je rêvais d’un ouvrage original, fier de sa prestance, de ce qu’il a à dire, à exprimer mais même ça je ne l’ai possédé. Je l’ai lu jusqu’à la lie avec regret et désappointement mêlés. Pour le plaisir certainement, pour passer un quart d’heure de sourire exactement, pour réfléchir sur notre condition et ce que l’on fait à notre planète adorée non.

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Une fille comme les autres de Jack Ketchun

Il est l’un des romans qui m’aura épouvanté, pages après pages, l’horreur se faufilait, vagabondant narquoisement dans mon cœur fou chamarrant une litanie d’angoisse pour cette fille comme les autres, ce titre est trompeur, cette fille c’est une innocente, une victime chutant dans une grotte peuplée de monstres. Or les monstres peuvent être, quelques fois, une métaphore de notre intériorité, les monstres n’existent pas… Ce sont les hommes, cette part sombre en leur âme tourmentée. L’excuse ne s’aventure pas sur mes lèvres, ni sur mon esprit, lectrice affamée adorant analyser les pires personnages valsant sur le sol enténébré d’une histoire, ici j’ai haï cette tante, cette femme de rien engeance même du démon élevant trois enfants, trois garçons qui, à leur tour deviendront immondes.

CVT_Une-fille-comme-les-autres_8172Tout se passe dans le regard d’un petit garçon, témoin, voisin de la maison d’à côté, sage choix de proposer un personnage âgé d’une dizaine d’année pour expliciter l’indicible. Nous le savons tous, entre bien et mal, les chérubins ne choisissent pas, diamant brut, agneaux blancs obéissant aux figures adultes, ils sont ces êtres chers à l’avenir mais, immatures, capricieux, corruptibles ils ne réfléchissent pas, ils ressentent les choses. Ainsi ce petit garçon dont j’ai oublié le nom (parce que vous allez voir, il est loin d’être parfait, et j’ai été un peu dégouté par son comportement) rencontre cette charmante fillette dont il tombera amoureux. L’on sent, dès les premières pages que l’horreur chantera en crescendo ; ce roman narre la perversion humaine dans sa splendeur la plus profonde, la plus glauque. Par des détails insignifiants, vicieusement l’émotion creuse un tombeau dans notre âme de lecteur, les question influent le cerveau, appuient drastiquement, et l’envie alors se déchaîne, celle de tourner les pages pour savoir, pour comprendre. De lecteur la métamorphose se constitue voyeuse. Le garçon devient complice, on l’excuserait en cherchant des circonstances atténuantes : méchante, ironique je dirai qu’il n’avait que sa bêtise et son besoin d’être aimé par ces hères du village isolé. Tandis que notre Meg agonise, lui assiste et désire.

La gentillesse n’est pas innée, moi, naïve personne aux croyances féériques, j’ai foi en l’humanité, en sa bonté ; il a anéanti cette duplicité, écrivain s’intéressant aux faits divers les plus barbares, est-ce un hommage pour cette juvénile personne qu’il a écrit, aligné ces phrases simples, sans fioritures, épurées, un style bafouant l’esthétique de la littérature. Il n’y a pas de plume seulement des faits dans un cerveau catastrophique. Le manichéisme s’efface au profit de descriptions amères, de passages, de scènes quotidiennes se révélant atroces. On ne sait plus, vers quel saint se tourner, quel est le pire dans toute cette glace immondice ? La boucle tourne, effrénée, paniquée, tranquille ronde où dansent les monstres, eux n’ont pas de jugement, eux n’ont pas de conscience, eux ne possèdent que ce souhait sadique de faire mal à cette poupée vivante mise à leur disposition par la folie féminine. Sade n’aurait pas mieux fait dans la conception d’un récit ! La cruauté n’a pas de limite, elle virevolte, silencieuse, relevant ses jupons de moire où la vermine se balance à ses jambes ridées. La tante donne la permission à ses garnements d’abuser d’une demoiselle, de son identité qu’elle perd, de sa dignité, de son statut d’objet à présent elle affronte l’adversité sans se plaindre, presque sans une perle nacrée glissant sur ses joues botticellienne. Admirative de cette force, émue à la fin, haïssant tous les personnages. Car aucun n’arrivera à sauver la jeune fille, aucun ne tentera quelques actions pour la sortir de son enfer, impuissant et coupable on assiste à l’apothéose, expirant de soulagement et de désespoir.

Loin d’une lecture loisir on pourrait penser que ce thriller n’offrirait qu’une sorte de plaisir inavouable, mais celui-ci sort du lot malgré son manque de poésie (il n’y en a pas besoin, certes, dans ce genre de bouquin), on réfléchit à ce statut mystérieux d’un témoin, quand on se trouve confronter à ce genre de situation, que l’on participe, que l’on se repentit, puisse-t-on être pardonné par la justice. Cependant dans le cas d’un meurtre, de la torture, de la séquestration que doit-on faire ? Le final s’exaspère d’un comportement idiot de la part du narrateur tout au long du récit, plus qu’un témoin, il est également coupable et les lecteurs avec. Ce thriller réveille la catharsis qui est en nous, long serpent guettant dans les fourrés de notre propre sadisme. Les pensées s’accrochent, se cognent contre notre psyché : lire cet ouvrage c’est se dire à demi-mot, chuchoté dans la forêt noire de notre silence que l’on ne vivra jamais les malheurs de Meg, que l’on se plaint de petits problèmes alors que d’autre agonisent dans une cave, dans une famille où les enfants sont battus quotidiennement.

Haletante, mal à l’aise, j’ai poursuivi, j’ai sauté des pages pour y revenir, pour me préparer psychologiquement. La torture tonne, hurle entre les parois de la maison d’à côté, entité cadavérique où se passent l’innommable dans une famille américaine décadente, et ce garçon d’en face qui participe, qui regarde, qui se moque même ! Les âmes sensibles seront priées de s’abstenir.

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Le bonheur d’être lecteur

Non chaque mot était entouré d’un halo plus ou moins puissant, celui de l’image mentale qu’il enfantait dans son esprit. Ce mot ténu, par exemple, tremblait comme une patte d’oiseau dans la neige. Le mot chambre évoquait un lieu secret replié derrière les rideaux. Le mot amour s’arrondissait autour de vous mais il y avait quelque chose de coupant dans sa douceur, sa confiture enrobait une amertume qui vous fendait la lèvre.

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Quand on pense lecture, on pense divertissement, pas le temps, ennui, cet ennui de lire des mots alignés formant des phrases, des paragraphes racontant une histoire. Aujourd’hui le cinéma remplace ces ouvrages de pages, d’images sur un écran facilité de l’imagination. Pourtant la lecture est riche, apporte, rempli un vide, crée un espace pour ce lecteur ivre de ces univers qu’il imagine lui-même. De paysages décrits il fabriquera son monde propre et, lorsqu’il en discutera avec ses camarades il se confrontera à d’autre point de vu, à d’autre personnalité. Il existe un bonheur, le bonheur d’être lecteur. Assise dans son lit, dans les transports, attendant dans une salle d’attente pour affronter mont soucis, stoïque, rêveur, la lecture rassure, apaise bien que l’on se fonde dans des romans aux sombres personnages, aux moments malsains déclenchant un torrent émotionnel dans le cœur, le corps tout entier est possédé par ces mots qui pénètrent. Je suis heureuse d’avoir découvert dans ma jeunesse ce trésor que la lecture. En un sens c’est ce qui m’a sauvé la vie, c’est ce qui m’a retenu la tête hors de l’eau pendant ces années ténèbres. Lire c’est découvrir, penser, s’améliorer, se battre, lire c’est vaincre des bizarreries, tombée amoureuse d’ovnis, de pleurer pour ces destins traumatiques, rire quand l’auteur de sa plume acérée explique sa vision du monde. Lire c’est se sentir moins seule sans se sentir jugée, c’est se nourrir de spiritualité, c’est s’inspirer pour façonner aussi ses propres rêves, ce songe que j’entretiens toutes les aurores, toutes les aubes : écrire pour partager, pour raconter, pour s’exprimer. Lire n’est pas une obligation, lire est une bénédiction.

Le premier remède de la lecture consiste de se créer sa bulle, à partir de sa bulle de la construire de toutes ces lectures et ces expériences imaginaire. Car l’imaginaire est l’un des plus beaux attributs de l’homme ; là pour évacuer les tracas, pour encourager à vivre, pour voir le monde plus beau qu’il ne l’est réellement. Quand la réalité prend une place immonde au cœur qui chamarre, on se retourne vers cet univers propre, ces pensées dévoilant des images, des dialogues, des souvenirs fictifs, des personnages gesticulant, habillés d’une enveloppe plaisante. On devient Dieu bienfaisant ou malfaisant pour ces êtres de mots, ce que l’on ne peut contrôler dans notre société on le contrôle dans notre tête. Est-ce un vice que de s’enfuir hors d’une réalité insoutenable, pour reprendre de l’espoir, pour s’encourager à poursuivre. Certains genres de livres existent pour donner des sensations de bonheur que je ressens. Je me souviens de cette trilogie de Katherine Pancol, les Yeux Jaunes du Crocodile que j’avais adoré à l’époque. Lu à cette période trouble où le malheur cognait de toutes ses forces contre la porte de ma vie, j’ai dévoré ces trois tomes où j’ai admiré cette femme qui n’avait aucune confiance en elle, mais qui survit, qui donne tout l’amour qu’elle possède pour ses enfants. Mère et femme, sœur et brave, ce livre c’était une révélation, des personnages touchants dans leur humanité et leur défaut, dans leur rêve épuisés, égarés par une enfance ou un passé ténébreux. Des actions d’une vie, il vivait entre mes mains, et mon imagination se soulevait à ces images, ces scènes que je formais, paysages parisiens, appartement mitoyens, Joséphine se fatiguait tout comme je me fatiguais. Une rencontre, une amie, et les émotions flottaient dans mon cœur. Impossible de lâcher les trois volumes, impossible de faire une pause dans cette chronique d’existences multiples. Peter Pan aussi est l’exemple même de l’imagination qu’apporte la littérature, de ce monde enchanté, de ce Neverland connu du monde entier, retransformé mainte fois par nombres de cinéastes, d’écrivains, de musiciens, de peintres. Ce petit garçon nous rappelle notre enfance, des délices de lectures que l’on n’oubliera jamais, forgeant notre psyché contre les dérives multiples que peuvent attaquer nos inquiétudes. Les contes enfin, Grimm, Perrault… Andersen et sa Petite Sirène. Barbe Bleue esquisse une place au fer rouge dans mon cœur quand je demandais à ma mère de me raconter une millième fois son histoire.

En plus de cette capacité que je possède grâce à la lecture, l’empathie s’ajoute puissamment ; j’ai tendance, quelques fois, à considérer ce don comme une malédiction. Société individualiste, narcissique où le peuple ne s’intéresse qu’à soi-même, où les gens aident sans vraiment aider (j’exagère mais c’est ce que je ressens parfois, une agression de l’extérieur) ; lire permet de se confronter à des milliers de personnages, de caractères différents. Farandoles d’êtres de papier valsant sur un sol ténébreux, femmes, hommes, enfants, adolescents nagent dans des aventures, dans des vies absoutes de bonheur. De les voir vivre dans un malheur, de les voir s’acharner par leur idéal, cela donne du courage. Lecteur on comprend, on entre dans notre base de données tous les éléments à cette personnalité tandis que, dans la réalité, quand on affronte, quand on discute, quand on observe nos camarades on est mieux à même de les comprendre. La lecture nous rend moins égoïste.

J’ai commencé à lire et, depuis, je n’ai plus lâché ces pages qui me rassuraient, totem, bijoux, les histoires semblent merveilleuses à mon regard. Je n’ai pas vécu qu’une vie, j’en ai inventé plusieurs toujours dans mes agates une invitation au voyage. Je constate que je suis également devenue plus intransigeante, mes goûts se faufilant, plus forts, plus aboutis, mon esprit critique aguerri, drastique. J’ai commencé à lire et ce fut ma première passion. L’action se rend invisible aux yeux des autres, mais nous savons que plonger dans un univers, dans un temple partagé à plus de valeur qu’un caviar sur une table baignée de luxe. La nourriture spirituelle n’a d’égale qu’elle-même. J’ai voulu écrire ensuite, ces romans que je dévorais sur le canapé m’ont ouvert un sillon vers l’écriture. Si d’autre avait réussi à publier ces pages alors pourquoi pas moi ? Ecrire fut ma seconde passion, celle que je chéri, celle avec qui je suis en conflit, pression que je me porte quand je constate (là maintenant c’est le cas) que le style ne me plait pas, qu’il n’est pas vecteur d’émotion. Car lire c’est éprouver, c’est ressentir, les livres sont des créateurs de sensation pour personnes gourmandes. Pouvoir créer, insuffler de la vie dans une fiction irréelle… magie talentueuse, fascination d’une jeune fille émerveillée par ce que les admirés produisent. Lire rime pour moi avec la création, avec l’action d’inventer, d’innover, de devenir magicien ou sorcière ou dragon ou ange, lire c’est la première étape qui amène à l’écriture, lire c’est se renforcer, c’est développer son style, trouver des idées, s’inspirer. C’est transmettre notre vision du monde sur une page blanche se remplissant et se démultipliant.

J’ai cette fâcheuse manie à me poser de terribles questions, toute la journée, toute la nuit quand mon cerveau n’arrive à se reposer. Aujourd’hui les questions sur l’amour griffent ma paroi rocheuse, ma caverne de tortue géante se fissure par cette tragédie, cette croyance absurde. J’ai besoin de réponses, j’ai besoin de me forger une opinion utile sur ce thème qui ne se lasse pas d’être exploité, femme dolente allongée délicatement sur son sofa de velours. L’amour semble ce titan d’acier combattant une mer déchaînée, cet océan de paix, de complicité, l’amour c’est ce qui fonctionne à deux, c’est construire à deux mains. Et quand la corde fragilisée se casse, se rompt, on se retourne vers les livres. Pas n’importe lesquels, cette fois ci on cible nos lectures pour dégoter une réponse, les larmes taris sur le visage se cachent lorsque, enfin, la réponse jaillit, révélation éprouvée par ces romans teintés d’éternité. J’ai choisi ma PAL du mois et elle sera consacrée à cette quête jamais résolue pleinement, à cette recherche de l’or sur l’amour et la rupture. Un bonheur parfais, Bubble Gum, Martin Eden, L’amant de Lady Chaterley, Le diable au corps, Parfaite

Même si seule, éloignée, même si isolée, un livre consolera toujours, ami objet magique il rassurera, énervera aussi peut-être mais ne laissera pas indifférent (à des exceptions dont je n’ose pas parler). C’est un remède qui vainc l’anxiété c’est prouvé, c’est une peluche contre le stress. Lire avant un examen par exemple, lire pour oublier les tracas démesurés, les peines que ce battant chiant peut concevoir quand il expérimente la vie ; on s’oublie pour mieux se replonger dans son intérieur, dans sa psyché chamboulée. Les personnages sont des avatars de nous même quand on se projette délicieusement dans les lignes vibrantes d’existences particulières. Mais avant tout lire permet d’augmenter un minimum sa confiance en soit, par ces personnages mêmes qui nous font rêver, par ces pavés de lumières qui s’exhibent du haut de nos étagères bourrées à craquer, on se transporte dans une période tantôt antique, tantôt contemporaine pour découvrir un autre univers. La solitude disparait, honteuse, timide dans une forêt de vapeur. La routine est une source de frayeur et se noyer dans d’autres mondes permet un moment de chaleur. La lecture procure la confiance minime quand on décide de parcourir pendant un mois un bloc de mille pages, milles pages d’extases ; dans notre société de consommation où la rapidité reine se corrompt avec la tranquillité d’une lenteur, lire un livre pendant des semaines c’est égal à une prouesse. Lire nous réapprend à prendre notre temps.

Ma première passion je la chérie, et j’aurai aimé lui rendre hommage en écrivant quelque chose de plus persuasif, ça n’a pas de mot, c’est au-delà, j’ai quand même essayé de rendre explicite des sentiments implicites, cet amour suprême que j’éprouve quand je tiens un livre dans mes paumes. Ces objets m’accompagnent tous les jours, à tous événements de ma minuscule destinée, dans mon sac les pages défigurées, ils vivent en étant touchés, manipulés, ils vivent quand je souligne les phrases qui me chagrinent, qui me peinent, qui me font réfléchir. Chaque jour est illuminé par cette passion !

John William Waterhouse, Après la danse.

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C’est le premier, je balance tout (Mars)

Mois de mars à la vitesse grand V, je ne l’ai pas vu passer et les examens approchent sur leur talon de misère, stress, angoisse, inquiétude mais aussi excitation, licence terminée et le master pour l’année prochaine. Une nouvelle étape, un nouveau départ, un métier qui se prépare. Alors je m’apaise par des lectures quotidiennes, les pages se tournent dans les transports, assise près de la fenêtre ou du couloir, des pages de bonheur, de confusion, de reproche mais toujours les mots apportent quelque chose, un trésor pour l’esprit.

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☼ LE FLOP ET LE TOP ☼

 Ce mois-ci beaucoup de lectures sans pour autant avoir un coup de coeur, un livre marquant. Trois thriller, trois bouleversements en sachant en plus profond que je les oublierai dans quelques mois. Ainsi vient la question de la consommation livresque que j’aimerai développer dans des apartés. Le flop serait sans nul doute…

41Vl94ZpeOL._SX307_BO1204203200_ Le premier tome de Maxime Chattam (vous aurez bientôt la chronique sur le blog, en ce moment je procrastine un peu énormément), l’alliance des trois. J’en avais entendu du bien, des éloges à tire larigot dans des vidéos, celle de Lemon June. J’ai voulu tenté, surtout que la couverture m’intriguait. J’ai aimé les idées, mais non le style et ni les personnages. Creux, pâles, lisses, il semble que les clichés saccadent le livre. La littérature young adult n’est définitivement plus pour moi, je n’y trouve plus mon compte. Des répétitions, des verbes être, des banalités, des scènes qui ne sonnent pas naturelles, je l’ai lu jusqu’au bout car, malgré ses défauts il présente quelques mystère nous incitant à lire la suite, à savoir, à comprendre. Je lirai certainement les autres par curiosité plus que par réelle envie et amour.

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Le top serait accordé à ce thriller, cette histoire intra familiale dévastatrice au coeur cruel. On dissèque, on écartèle la membrane, le cadavre passif de cette jeune noyée, pas de meurtre, un suicide, un mal être, des souffles éreintant aux organes vitaux. La pression que les parents construisent quand ils désignent leur proie tandis que la gosse ne peut dire le néant, la destruction qui se déroule en son intérieur silencieux. Tout ce qu’on ne s’est jamais dit aborde avec talent, une froideur sadique sur la famille américaine, dénonce le rêve américain, explose sa société de bien pensant, de discrimination. Les éléments forment un tout, corolle de fleur autour de cette charogne anéantie par une famille et une société hypocrite. Les parents coupables, il pose des questions dérangeants auxquelles on aimerait tous oublié ou craché plutôt que d’affronter.

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☼ LES DÉCOUVERTES LITTÉRAIRES ☼

J’écume les blogs littéraires quand j’en ai le temps, malheureusement ce n’est plus aussi évident depuis que mes examens approchent au galop, un galop inquiétant, angoissant et des pensées négatives chevauchant mon esprit. Je trouve plaisir à m’enfuir loin des tracas lorsque je lis les articles de mes camarades blogueurs, toujours un réconfort psychologique (on ne dirait pas comme ça mais c’est vraiment un baume au coeur quelques fois). Cette fois-ci on s’en va pour un gros coup de coeur bloguesque !

Histoires Vermoules est tenu par une fille au talent prodigieux, celui de tenter par tous les articles qu’elle écrit. Son avis m’est cher car elle explore les livres qu’elle lit avec passion et délicatesse. Mon avis n’est pas objectif aussi, on possède les mêmes goûts littéraires et nous avons les même critiques à faire quand il s’agit de personnages trop clichés. Grâce à elle j’ai envie de lire La sagesse dans le sang que je ne connaissais nullement mais qui m’attire irrémédiablement.

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☼ LES DÉCOUVERTES WEB ☼

 Je souhaitais m’investir dans le yoga, mon corps ne souffre pas le sport, au bowling c’est mon corps qui réagit en dehors de moi même, bref j’ai un problème avec cette enveloppe que j’ai parfois mal à adopter. En facilité je suis partie du principe que si je ne faisais pas de sport autant réduire drastiquement mes quantités de nourriture ce qui ne me dérange absolument pas. J’ai quand même fait la rencontre d’un blog passionnant, parlant yoga, conseil et donne surtout l’envie de s’y mettre ! 3 heures 48 minutes, donne une atmosphère épurée, bonne à respirer, des conseils et des astuces pour découvrir ce sport spirituel. Amatrice de nu dans l’art (les toiles de Bouguereau ou d’Ingres me font frémir de frisson et d’émotion) je ne peux m’empêcher de glisser timidement ce lien où des toiles et des articles sont présentés : Le nu dans l’art est un blog que j’écume avec plaisir pour me repaître de beauté et d’esthétique.

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☼ L’INTROSPECTION ☼

Tel Camus, j’ai pris l’habitude de noter chaque jour pensée, actions, émotions dans un moleskine orangé. Le bullet journal me plaisait, j’en ai fais ma propre version. Sorte de journal intime, je grave les moments clés d’une existence, grain de poussière sur la planète. Après tout qui sommes-nous ? Puis youtube que je n’ai pas abandonné mais dont je n’ai fais aucune vidéo, peut-être est-ce la peur de bégayer, une hésitation qui en entraîne une autre, des maladresses, le début, la progression que je ne vois pas encore. Et le dessin, ces traits qui forme des corps, des nus, des visages, des dos, des aquarelles, des peintures acryliques qui s’élancent dans la violence. J’ai des choses à dire, des choses à raconter, des tabous à exploser. J’aimerai donner du sens à mon passé, m’avouer que je n’étais ni un monstre, ni une mauvaise personne, que c’est tombé sur moi, roches gigantesque sur une tête miraculeusement sauvée. Je veux continuer, mes passions me soutiennent, elles ne me jugent pas, elles sont là, présentes, me regardent bienveillant. Bientôt fin de ma licence, dans un mois plus le stage.

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Tout ce qu’on ne s’est jamais dit de Céleste NG

La couverture soyeuse aux étoiles nébuleuses, à ce corps noyé sous la volupté m’a attiré ; ce livre je l’attendais, ayant lu quelques articles qui en parlait. Friande de thriller, j’ai été surprise de la qualité littéraire, elle a des choses à dire l’autrice, des sujets à exprimer, surtout une dissection froide, austère, à réaliser. Celle d’une famille où les parents ont gâché leur vie, puis les enfants pris dans les pattes velues de ces derniers, une enfant, celle du milieu, adolescente nubile, se cherchant, cette jeune fille en fleur, sera morte une nuit où les flots l’emporteront. Mais pourquoi un drame si grave pour arriver à se remettre en question quand il serait plus facile de s’écouter, de s’intéresser à la progéniture engendrée ? Cruelle, meurtrier même, le roman analyse l’inévitable en intra-muros, chaque famille possède ses secrets, ses faiblesses, ses failles. Aux parents de lire cette oppression pour permettre à leur môme de mieux grandir.

Couverture-roman-Celeste-NG-Tout-Jamais-DitLe style, visuel projette le lecteur dans la troublante ambiance, un grain de nostalgie, un élan de tristesse, des explications qui s’emboitent à chaque moment, chaque flash-back ; le passé et le présent intimement liés fabriquent des acrobaties arabesques. Chaque membre de cette famille pose leur voix, leur histoire, leur passé, leur doute, leur faiblesses, leur névrose surtout. On se construit grâce aux souvenirs, aux sensations, aux sentiments, quelques fois on détruit sans le vouloir. La découverte macabre de leur fille agonisante sert de leçon, de remise en question. Moment douloureux, il n’est pas question d’assassin ici, ou alors si mais dans la sphère privée. Ça coule, tendrement, dynamique abject quand chaque petit détail prend son importance dans la ronde d’un amour malsain, d’une affection tournée autour des parents seulement. On plonge dans l’abysse d’un suicide, médecin lecteur qui décortiquera les prouesses parentales, à détester ceux-là mais non à juger. La plume se renforce alors, simple, épurée, elle va à l’essentiel, un but à atteindre, un point A jusqu’au point B pour le grand final, la reconstruction peut-être. Dans certains romans il vaut mieux ne pas être abstrait, la poésie n’ayant pas sa place.

L’abandon est l’un des maux, le commencement de ce mal être tonitruant chez Lydia, la mère voulant poursuivre ses études, à cause de ses enfants elle ne peut pas, décide de partir. Et les deux gamins dans l’histoire ? Et le père ? Non madame part car elle a désir de carrière. La petite se fixe la promesse de toujours obéir, de toujours dire oui si maman revient. Tristesse. Et maman revient en effet, retrouvée une nouvelle fois enceinte. Ironie. C’est alors que le conte commence, que Lydia devient l’objet et non plus un individu, l’objet où se projettent les souhaits de maman et de papa. La petite fille devient adolescente mais vide, un creux dans le ventre, une étincelle de néant dans le regard, dans l’attitude. Elle apprend à faire semblant, automate délicate sur le bord d’une falaise coupante, clouée de brillantes aiguilles de douleur. Les rêves des grands se répercutent sur les petits, c’est la dure loi de la jungle ou de cette sphère que l’on nomme famille. Les enfants n’ont pas le choix, possessions des géniteurs, souvent ils oublient que ces petits êtres sont doués d’intelligence, de sagesse, d’émotions, qu’un rien devient tempête. J’ai été émue, me barricadant dans mes propres souvenirs de ma non enfance. Les horreurs s’enroulent dans ces maisons aux vitres cachées. On n’en parle jamais, elle l’a fait : la maltraitance psychologique prend place sur le trône de la maladresse. De par les sujets qu’il arbore, le roman se métamorphose, à l’origine, un récit de loisir maintenant un texte émouvant critiquant la société américaine et ses familles « parfaites ».

Je dis thriller, je pense à action, aux rebondissements, aux révélations. De suspens on n’ose croire, on sait déjà, mais de ces détails on ne sait rien. Ici c’est le glas de la révolte, les ressentis émus de cette fratrie renforce le sentiment de perte, encore pire qu’une perte normale, elle semble le reflet d’un macrocosme, d’une société où le rêve s’élance, fort, malsain. Où les parents ont pouvoir de vie ou de mort. Ils ne le font pas exprès, ils tiennent à leur gamine. A leur façon. La troisième d’ailleurs, dort dans le grenier, fée manquant d’amour. C’est ce problème de la reproduction, de l’éducation, de ces petites choses aux dialogues meurtriers, à la pression que l’on met sur les épaules d’une âme en pleine construction, les fondations s’étiolent jusqu’à la pensée foudroyante d’une asphyxie et le saut de l’ange du haut de colline. Ce mythe américain, l’autrice le démonte, petit à petit, méticuleusement, patiemment, divinement, bulles noirâtres et discrètes. En moi, la flamme de la colère, le torrent de remerciement pour celle qui ose dire, déployer une intrigue sur l’intra-muros, sur ces choses qu’on ne dit pas mais que l’on ressent, qui détruise une jeunesse par les caprices de certains. Si le père est malheureux c’est à cause de la discrimination raciale, si la mère est malheureuse c’est à cause de sa condition de femme, si les enfants songent à partir c’est à cause de l’égoïsme immonde des parents. Bouleversée par un livre que je pensais inoffensif j’ai eu tords. Bien construit, vecteur de colère et de chamboulement, c’est un trésor d’obscurité.

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Plateau de Franck Bouysse

Cet endroit, on s’y jette avec dévotion. On s’y perd, aussi, guidé par l’instinct, quelque chose de sacré. Quand les voix se muent en mortelles suppliques et les chants en discours primitifs. Un endroit où se tenir debout, dans l’orgueilleuse posture de l’initié. Un endroit où le monde s’arrête chaque jour pour des armées d’êtres vivants incapables d’en imaginer un autre, et si quelque fou avait l’idée d’y bâtir une ville, il s’en trouverait toujours un pour sculpter sa propre folie dans le tronc d’un chêne centenaire, et remiser l’âme égarée dans la profondeur des enfers.

Dans le terrier du lapin je suis tombée, innocente personne vagabondant dans le relai en attendant le train, la gare offre toujours ce kiosque où journaux et romans se conjuguent, dialoguent. J’avais le choix entre L’ami idéale ou Plateau dont le résumé m’a subjugué. Tombant dans le territoire d’un paysage flamboyant d’ennui et de tensions psychologique, Plateau hurle, son titre explicite tranquillement l’ambiance de ce roman psychologique. Thriller où les personnages s’assemblent, se tourmentent, ils sont harmonie avec l’environnement isolé que l’auteur propose. Plongeons dans cette souffrance, cette pulsion de haine, ces échos de maladies mentales, ces ombres menaçantes mouvante entre les arbres et animaux domestiqués, pâles, fantomatiques. La terreur s’élance par les descriptions rappelant cette froideur, cette horreur de Jean-Baptiste Del Amo.

plateauCe qui frappe en premier lieu, les personnages tonnent, gigantesques de douleurs. Il y a la jeune fille, Cory, qui échappe à la mort, à sa condition de femme objet abusée, emprisonnée par son mari torture. Il y a l’oncle et le neveu, l’un se complait dans sa condition, l’autre se sent enfermé et s’échappe par les classiques de la littérature. Dans sa caravane il invente son monde. Et pourtant il ne pourra jamais s’échapper de sa condition de paysan, il découvrira l’amour, gauche et maladroit. Je n’ai rien ressenti. Trop éloignée des émotions par un style parnasse. A vouloir du beau, de l’esthétisme censée sublimer la terre que foulent les pas des protagonistes on se recule, nous, lecteurs, dans une bulle de critique. C’est beau oui mais d’un lexique parfois trop complexe quand le lieu ne s’y prête pas. La psychologie, l’oppression qui se dégage du récit est gâché par les mots souvent trop érudits quand l’histoire se prête aux émotions et à l’inquiétude ambiante. Petit à petit j’ai guidé mes pas dans les affres d’un ennui, voulant la conclusion tout de suite et ne profitant pas, ne savourant pas ce que l’auteur proposait. C’est dommage car il aurait pu simplifier pour permettre l’entrée à cette antre obscure, à ses idées métaphysiques, à cette communion avec ces ruines campagnardes, creuser un sillon nous autorisant à débusquer les paroles qu’il était censé nous chuchoter.

Cependant, le temps s’écoule lentement, toujours avec cette brume noirâtre, ce danger profond que l’on pourrait ressentir au plus profond de notre cœur battant ; dans un endroit isolé s’esquisse une pièce tragique mais mal construite. Tous les éléments sont donnés pour nous forger une histoire, une fin digne d’un manipulateur. La fin est bancale, on reste assis sur notre siège, les yeux fixés sur les dernières pages promettant une sincère réponse, une vérité étincelante, il n’en jaillit que confusion et maladresse. Les maladies mentales, quand elles sont bien orchestrées, puisent dans l’imaginaire du lecteur un château de fascination (en tout cas pour mon cas), la fin questionne mais parce que le puzzle est manquant, des pièces disparues que l’on ne trouvera jamais. Seule, j’ai été quand j’ai fermé les pages, des demandes, des questions, une frustration puissante, une colère rugissante. J’aurai voulu une chute, je m’y attendais quelque part, et, de prendre un ersatz de maladie n’était pas très ingénieux de sa part. On en revient toujours au même point : il y a des livres où faire trop peut saborder le mouvement.

Silhouette de cire vidée de toute substance, plantée dans cette chambre où ne flottent plus rien que des odeurs de moisi et de tissu délabrés. Rêve dévasté qui se fond dans une ombre gigantesque envoûtant son corps. Son visage n’est plus qu’un désert où s’éteignent des traces.

Surprise par la poésie se teintant de beauté, oscillant entre la béatitude et la frustration, il n’en est pas moins un joli roman distillant par moment des pensées mystiques. Dieu est toute chose, et, dans les chapitres très courts, contemplatifs, on se prend à réfléchir à cette croyance. Tel Victor Hugo qui prônait un mysticisme claquant dans ses ouvrages, Franck Bouysse s’arrache et grave les fragments d’un talent obscur. Ce qui tousse c’est son désir de perfection quand le roman crierait de laisser un peu de naturel, et non de contrôle. On s’égare mais pas pleinement quand le roman se casserait la voix pour nous enlever, nous enfermer dans une toile gigantesque, malsaine. Dérangeant par l’atmosphère inquiétante, presque surnaturelle, la force s’épuise et le lecteur de même. La vague impression d’une déception me fait relever le menton, blasée dirait-on.

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Le diable, tout le temps de Donald Ray Pollock : on y retrouve la même ambiance, oppressante, glaçante, macabre. L’horreur se déroule sur un tapis rouge, dans les passages nauséabonds mais prenant de sensations. Les personnages virevoltent dans leur douleur, se croisent pour se défaire jusqu’au dénouement final, le grandiose clap de la fin. Coup de coeur, c’est dérangeant, un style pur, épuré, servant le propos, le galop de l’auteur.

True Detective : Je ne parlerai ici que de la saison une. Une esthétique chamboulant le coeur du pauvre spectateur qui en redemande, du mystère mais de la vie quotidienne cruelle aussi. Matthew McConaughey est éblouissant dans ce rôle d’un flic tourmenté, violent, désabusé par cette société, ce monde. L’enquête prend des allures de surnaturel quand les poupées en bois tournent autour du cadavre de cette jeune nubile dénudée. C’est triste, c’est sincère, on en prend plein la tête.

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Fragonard, l’invention du bonheur

Il adore peindre. Voilà ce que ces mois chez Chardin lui apprennent avec certitude : être en train de peindre, c’est vivre vraiment. Peindre c’est jouir le plus fort du monde.

J’observais les livres de Sophie Chauveau comme un animal égaré, hésitant à me procurer ces pages de délices, quelque chose me disait qu’il y avait une pépite et pourtant je doutais. Pour, un jour, m’engouffrer dans la librairie, pécher le livre à la volée et le dévorer en quelques jours. Fragonard étant dans mon programme d’histoire de l’art cette année, m’étant rassasiée de ses peintures badines, ô combien merveilleuse, j’ai pris cette vaste excuse pour lire le roman à son éloge. Bien m’en coûte, malgré quelques défauts, quelques incompréhensions, le rendez-vous offert entre moi et ce personnage fut exquis, plante sauvage répandant son bonheur aux branches d’une poésie subtile. Il est des histoires de vie qui renseignent, des périples qui émeuvent, des leçons à recevoir, malgré des passages à vide où le style allait trop vite j’ai compris, j’ai volé cette essence de passion qui s’infiltrait entre les pages. Car il s’agit d’un hommage, d’une ode à la peinture, à la création, à cette liberté d’inventer de quelques manières que ce soit.

91iA7-cdsoLL’art. Il est partout, se distille dynamiquement entre les pages, de descriptions colorées, flamboyantes, se partagent des réflexions ancrées dans le récit. La vie contée est plus qu’une vie, elle est la vie, une vie d’artiste accompli, né pour devenir ce génie des gammes chromatiques, de ce jaune étincelant de pureté, de ces compositions éclatées où les personnages, les nymphes et autres nues féminins scintillant se laissent guider par la main esthète. C’est un apprentissage, de son enfance jusqu’à sa mort, on assiste non pas à une existence mais à l’histoire de France. La terreur, la révolution, Louis XV, la maitresse Pompadour, le prix de Rome, les amitiés, l’amour, la dérive, les vibrations de vie, la passion se retrouvent dans une ronde fourmillant de poésie, de lyrisme, de phrases mouvante s’agençant en harmonie avec les sensations subtiles. Contradiction de mon état d’âme, parfois le style était trop délicat, trop immaculé de beauté pour que je puisse ressentir. C’était de l’admiration qui étoilait mes yeux. Cette plume chatoyante, trop. Trop fluide. Plusieurs fois, le livre sur mes genoux, dans le train m’embarquant en cours, j’ai goûté à ces tournures merveilleuses. Mais trop, la vénusté parfois mangeait le texte et les émotions, au lieu de sublimer, il a ombré ces quelques passages méritant quelque chose de plus simple au fond pour permettre au lecteur de prendre l’ampleur de ce moment.

Des répétitions gâchent le parcours, chapitres s’étalent, se corrompent les mêmes discours comme si l’autrice ne savait plus comment s’exprimer. Pourtant le style ne change pas, il n’y a pas de manque d’équilibre, à chaque chapitre la joliesse de l’instant, les paysages ineffables, les pensées des personnages attachants. Elle a fait des recherches et m’a légué ce plaisir de me renseigner moi-même, google m’embrassant en proposant textes et peintures de Marguerite Gérard, de Hubert Robert, Saint Non, Chardin, Greuze. Ces peintres ont changé la France, c’est un témoignage, une avancée de l’art qu’elle décrit patiemment, tout au long des pages. Fragonard, la fleur centrale danse autour de ces autres figures ayant leur part de richesse. Puis… la révolution. Et la terreur. Ce sang gouttant sur le macadam de la place de la guillotine, près du Louvres hébergeant les artistes. Napoléon sauvera le peuple, offrira une ère de paix et de tranquillité. Tandis que les artistes seront déchus de leur habitat (vivre au Louvres quel chance !) la France se relèvera. De l’art c’est une époque qui est transcrite, fidèlement peut-être, bien que je doute de la partialité de madame.

C’est un roman, non pas une biographie fidèle du peintre, et grâce à cela, une imagination se développant, un langage, une conversation. Personnage m’ayant marqué, celui de Marguerite, décrite douce, chaleureuse enfant, puis opiniâtre, opportuniste, sangsue bouffant la vieillesse de Frago. Un caractère que je n’aime pas, mais elle a ses faiblesses, son histoire troublante. Sa sœur, l’épouse de monsieur Fragonard aussi possède sa force, remarquable, elle est mère dans sa splendeur tourmentée, femme dans son manque de liberté, miniaturiste de talent, elle a supporté les frasques de son cher et tendre sans jamais lui tourner le dos, toujours en l’apaisant, en consolant, en chérissant cet amour qu’elle ressentait, pardonnant et écoutant ce terrible qui allait voir ailleurs sans ressentir une trace de remord. Son sens du sacrifice impressionnant m’a ouvert les agates et j’ai perçu un autre monde, une autre pensée de l’amour.

Il dessine un lit. Le lit est la base, le fond de son imaginaire. Il peint donc un lit encore vide. Un lit toujours fourmille d’idées . Si on y entasse pèle-mêle animaux et enfants et qu’on fait jouer le tout ensemble, ça donne une de ces scènes familiales au bonheur répandu. Si on froisse les draps, qu’on écrase les oreilles, on s’imagine que la scène qui vient de s’y dérouler était torride. Très froissé mais toujours vide, les lits racontent à l’imaginaire des amours comblés. Placez une pomme rouge sur la table de chevet et c’est une allégorie quasi biblique, presqu’un tableau d’histoire. Ajoutez-y des amoureux enlacés et le lit remplit sa fonction de berceau des amours et d’enfants à naître.

Je garderai le souvenir de détails, car le détail fait la différence, alors je découvre encore une chose en écrivant cet article, que, dans la peinture, le détail fait la force. La pomme sur la table de chevet à demie croquée dans cette exquise composition libertine. Le verrou semble un songe d’écarlate, de fascination pour les historiens de l’art. Grâce à Sophie Chauveau l’art est rendu accessible, par ses phrases, son style, l’histoire se grave aux fils d’or et, impossible de n’éprouver aucun choc esthétique à la vue d’une toile. Fragonard étant l’un de mes peintres préférés j’ai adoré ce roman malgré ses défauts, j’ai apprécié l’hommage rendu et la manière dont elle rend vie et vibrations à ces personnages historiques tous ayant vécu dans un temps lointain. C’est un livre pour les curieux de l’art, ceux qui hésitent, ceux tremblent de ne rien comprendre en observant les œuvres dans les musées. Ici, l’invitation au voyage tend la main à son prochain, le guide doucement dans la passion d’être un artiste.

Jean-Honoré Fragonard, Les cadeaux à Psyché

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